Accueil Les sacrements : l'onction des malades

Véronèse Ce sacrement confère une grâce spéciale au chrétien éprouvé par une maladie grave ou la vieillesse, ou devant subir une opération importante. Appelé autrefois "extrême onction" ce sacrement, depuis le Concile Vatican II, n’est plus réservé qu'aux agonisants ! C’est l’un des deux sacrements de guérison, l’autre étant le sacrement de réconciliation qui, lui, est dédié à la dimension spirituelle de l’homme.

Lourdes : un haut lieu de l'accueil des malades © JCH

"Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau et moi je vous soulagerai."
(saint Matthieu 11,28))

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En mémoire du Seigneur

Au moment d'imposer les mains le prêtre fait mémoire du ministère de guérison de Jésus. Il dit :

"Seigneur notre Dieu, Père de toute consolation, au moment d'imposer les mains sur notre frère (sœur) malade et de lui faire l'Onction d'huile sainte, nous nous souvenons de ton Fils Jésus Christ : tout rempli de ton Esprit Saint il est passé en faisant le bien, il a imposé les mains sur les malades et relevé les morts pour qu'ils vivent. C'est pourquoi, nous qui sommes de ton Eglise, appelés et envoyés pour faire ce que ton Fils a fait nous te prions : Béni notre frère (sœur) à qui nous imposons les mains".

Puis au moment de l'onction, il prend l'huile et trace des croix sur le front et les mains :
- le front symbolise l’intelligence, l’âme, qui ont rapport au temps et à l'éternité
- les mains symbolisent le corps car elles permettent d’agir sur les choses, la matière. S'exprime ainsi la relation à l'espace.

La compassion du Christ

L’onction des malades manifeste la présence pleine de sollicitude et de compassion de Jésus en ces moments particulièrement douloureux et angoissants où l’homme fait l’expérience de sa fragilité : l’accueil des malades et les guérisons miraculeuses sont une partie essentielle de la mission de Jésus qu’il a voulu aussi confier à ses apôtres : "Ils faisaient des onctions d’huile à de nombreux infirmes et les guérissaient" (Marc 6,13) Haut

Les effets de l'onction

Il est important de rappeler que c’est un sacrement de vie :
1. Guérison

Il peut favoriser la guérison du corps qui est indissociable de la guérison de l’âme – car l’homme est "un de corps et d’âme" – c’est-à-dire de la restauration de la vie filiale abîmée par le péché.

2. Accroissement de la confiance en Dieu

La confiance en Dieu est renforcée, le chrétien ayant l’assurance de traverser l’épreuve avec la présence de Jésus à ses côtés, "en lui tenant la main".

3. Union plus intime au Christ

Le malade reçoit la force et le don de s'unir plus intimement à la Passion du Christ : il est d'une certaine façon consacré pour porter du fruit par la configuration à la Passion rédemptrice du Sauveur.

Le concile Vatican II en exprime les conséquences : "en s'associant ainsi librement à la Passion et à la mort du Christ, les malades apportent leur part pour le bien du peuple de Dieu" (Lumen Gentium 11). Ils contribuent ainsi à la sanctification de l'Église et au bien de tous les hommes pour lesquels l'Église souffre et s'offre, par le Christ, à Dieu le Père.

On voit donc que la réception de ce sacrement n’est pas que pour soi-même. Il y a un échange magnifique entre ceux qui intercèdent pour les malades et les malades qui, à travers leurs souffrances, s’unissent au Christ et participent à la rédemption du monde. Tous les hommes en reçoivent les bénéfices, croyants ou non.

4. Repousse les tentations de révolte ou de désespoir

Il repousse les tentations du démon qui s’emploie à faire monter la révolte ou le découragement dans l’esprit du malade confronté à son impuissance et à l’angoisse des moments à venir.

5. Prépararation aux derniers combats

Il permet d’affronter les derniers combats avant la mort et l’angoisse qui lui est liée. Il guérit du désespoir : en ce sens il représente la meilleure préparation à la mort.

6. Il ne fait pas mourir plus vite

Enfin, il ne fait pas "mourir plus vite". Cette peur irrationnelle est souvent suscitée par le démon pour empêcher le malade de s’approcher du sacrement, voire du sacrement de réconciliation. Cette peur doit être balayée et c’est un péché grave, pour les proches, de ne pas avoir permis au malade de recevoir les sacrements. Haut

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L'homme, corps et âme unis
Il est important de dire que l’homme est à la fois corps et âme : c’est son être. Si l’on dit que l’homme a un corps ou a une âme on perd cette dimension d’être unifié. Et le risque c’est de voir le corps comme un "accident", quelque chose, finalement, de non essentiel par rapport à l’âme, qui n’a pas tant d’importance que cela. Beaucoup, même, se représentent la vie au ciel comme une vie éthérée, comme la seule vie de l’âme. Ils oublient simplement la résurrection du corps ou de la chair, qui est le dernier article de notre Credo ! Les sacrements sont donc là pour nous rappeler que nous sommes corps et âme : ce "toucher" de Dieu se fait par le sensible, par cette médiation-là.
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La célébration

Le sacrement, qui peut être célébré au cours d’une messe, ou à l’hôpital, ou au domicile de la personne, consiste :
- en une onction d’huile (huile des malades, consacrée au cours de la messe chrismale) sur le front et les mains,
- et en l’imposition des mains par le prêtre suivie de la parole : "Par cette onction sainte que le Seigneur, en sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint. Ainsi, vous ayant libéré de tous vos péchés, qu’il vous sauve et vous relève".

Cette parole fait écho à l’épître de saint Jacques : "Quelqu'un parmi vous souffre-t-il ? Qu'il prie. […] Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les presbytres (les prêtres) de l'Eglise et qu'ils prient sur lui, après l'avoir oint d'huile au nom du Seigneur." (Jc 5,13-14)

Pour les mourants l’eucharistie est associée au sacrement des malades. C’est l’ultime communion au corps et au sang du Christ, le viatique pour le passage vers la demeure du Père. Haut

MJH

Références
  • Catéchisme de l'Église catholique, articles 1499 - 1532
  • • Textes de différents papes, Souffrir avec le Christ, éd. Le Sarment, Fayard